Rapport annuel ADEM

Le marché de l'emploi

Coup d’œil sur le marché de l’emploi en 2025

Le contexte du marché de l’emploi luxembourgeois est resté difficile en 2025. L’emploi intérieur a poursuivi sa progression, avec une croissance de 1,5 % sur un an, un rythme toutefois nettement inférieur aux standards historiques du Luxembourg.

Parallèlement, les indicateurs suivis par l’ADEM traduisent une perte d’élan du marché du travail. Le nombre de demandeurs d’emploi résidents disponibles a fortement augmenté pour atteindre 21.090 personnes en décembre 2025, soit une hausse de 8,0 % sur un an. Cette évolution se reflète également dans l’évolution du taux de chômage qui s’établit à 6,2 % en fin d’année. En revanche, le nombre de postes vacants disponibles a reculé pour s’établir à 5.472, en baisse de 7,8 % sur un an, traduisant un ralentissement de la demande de main d’œuvre.

Néanmoins, certains employeurs continuent de rencontrer des difficultés de recrutement, en particulier dans des métiers et secteurs spécifiques. Cette situation illustre la persistance d’un décalage entre les compétences disponibles et les besoins du marché, qui demeure un enjeu majeur du marché de l’emploi.

La croissance de l’emploi perd en dynamisme

Fin décembre 2025, l’emploi intérieur au Luxembourg comptait 521.314 personnes (selon les données du STATEC), soit une augmentation de 1,5% par rapport à décembre 2024. En 10 ans, la progression est 28,5 % mais ce qu’il faut noter est le ralentissement de la croissance pour la 3ème année consecutive. Le Luxembourg était habitué à des taux de croissance de l’emploi intérieur de plus de 3 % pour an. Depuis 2023 elle s’est nettement essouflée.

Les chiffres de l’emploi national (c’est-à-dire le nombre d’emplois occupés par des résidents luxembourgeois) progressent également, mais à un rythme moindre (+ 22% sur la même période), pour atteindre 298.971 personnes fin 2025.

Les travailleurs frontaliers, à savoir les personnes qui résident hors du Luxembourg mais s’y rendent régulièrement pour y travailler, représentent toujours 47% de l’emploi salarié. Bien que cette proportion soit stable depuis 2021, elle reflète le rôle essentiel que joue la main-d’œuvre frontalière dans le fonctionnement du marché du travail luxembourgeois.

Taux de croissance de l’emploi et taux de chômage : 2 courbes qui ont évolué en sens inverse

La croissance de l’emploi intérieur est devenue plus modérée et plus incertaine.

Après une hausse continue du taux de chômage amorcée en 2023, l’année 2024 a confirmé cette tendance, bien que de manière plus modérée. Une relative stabilité observée lors des premiers mois de 2024 a ensuite laissé place à une nouvelle progression du chômage, qui a culminé à 5,9 % en décembre 2024.

L’année 2025 s’est caractérisée par une évolution plus irrégulière du taux de chômage. Après une stabilisation à 5,9 % en début d’année, celui‑ci a augmenté à 6,0 % en avril et mai, avant de reculer temporairement durant l’été. À partir de septembre, une nouvelle tendance haussière s’est installée, conduisant le taux de chômage à 6,2 % en décembre 2025, son niveau le plus élevé depuis plusieurs années.

Selon les prévisions du STATEC publiées en décembre 2025, une légère amélioration est attendue dans les années à venir. Le taux de chômage devrait progressivement diminuer pour s’établir à 5,9 % en 2026 puis 5,8 % en 2027, tandis que la croissance de l’emploi intérieur devrait reprendre légèrement de la vigueur, tout en restant modérée, avec +1,6 % en 2026 et +1,8 % en 2027.

Les principaux indicateurs de l’ADEM restent sous tension en 2025

Depuis l’été 2022, l’écart entre le nombre de demandeurs d’emploi résidents disponibles et le nombre de postes vacants déclarés auprès de l’ADEM s’est progressivement creusé. Cette divergence s’explique par la combinaison de deux dynamiques persistantes : d’une part, une hausse continue du nombre de demandeurs d’emploi, et d’autre part, un recul progressif des offres de postes vacants, observé depuis la fin de l’année 2022.

Après une phase de stabilisation relative au cours de l’année 2024, cette tendance s’est confirmée en 2025. Le nombre de demandeurs d’emploi résidents disponibles a poursuivi sa progression tout au long de l’année, pour atteindre 21 090 personnes en décembre 2025. Dans le même temps, le nombre de postes vacants déclarés a continué de diminuer pour s’établir à 5 472 postes à la fin de l’année.

Les offres d’emploi déclarées demeurent à un niveau bas

Après avoir atteint un niveau record d’environ 47.000 postes vacants déclarés en 2022, le nombre d’offres d’emploi enregistrées auprès de l’ADEM a nettement reculé au cours des années suivantes. Cette baisse s’est amorcée dès 2023, avec 39.000 offres déclarées, soit une diminution de 16,8 %, avant de se poursuivre en 2024, où le volume est tombé à 36.700 offres.

En 2025, près de 37.000 postes ont été déclarés, ce qui représente une légère hausse de 0,8 % par rapport à 2024. Cette évolution marque une stabilisation relative, sans toutefois remettre en cause le constat d’un niveau d’offres nettement inférieur à celui observé avant le ralentissement économique.

Le recul des offres s’est révélé particulièrement marqué dans certains domaines, notamment la comptabilité, l’informatique, ainsi que la banque et la finance, secteurs historiquement porteurs mais fortement exposés au ralentissement économique. À l’inverse, quelques secteurs enregistrent une dynamique plus favorable en 2025. Les offres d’emploi ont progressé dans les métiers de la santé, le transport et la logistique ainsi que dans la construction.

Dans leur ensemble, ces tendances confirment un ralentissement durable de la demande de main‑d’œuvre, tout en mettant en lumière des besoins sectoriels différenciés. La digitalisation, l’automatisation ainsi que l’IA vont continuer à bouleverser le monde du travail, même s’il n’est pas encore possible d’en mesurer toute la portée. Ces tendances soulignent également l’importance d’une analyse approfondie du marché du travail et d’une adaptation continue des compétences pour favoriser la rencontre entre l’offre et la demande d’emploi.